Il y a de la glace d’eau pure à quelques décimètres de la surface, aux latitudes moyennes de Mars.
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L'eau
Hémisphère Nord Nili Fossae Volcanisme de Boue Calotte polaireHiRISE (High Resolution Imaging Science Experiment), une des camera embarquée à bord de la sonde américaine MRO (« Mars reconnaissance Orbiter») a confirmé la présence de glace d’eau pure au fond de cinq petits cratères qui venaient de se former, aux latitudes moyennes de Mars ( entre 43.28°N et 55°57N, latitudes comparables à celle de la France) en divers endroits, éloignés les uns des autres. On savait déjà, grâce au spectromètre à neutrons de Mars Odyssey (satellite lancé par la NASA en 2001), que les premiers décimètres de la surface des régions polaires (aux environs de 60° de latitude) contenaient, sous une faible couche de sol sec, d’importantes quantités de glace d’eau (qui pouvaient dépasser 50% en masse et 75% en volume) mais on ne savait pas jusqu’à quelle latitude il fallait descendre pour que la glace d’eau ne soit plus stable à proximité immédiate de la surface du sol. La caméra CTX (« Context Imager ») de MRO, qui a une définition de 8 mètres et couvre des régions de 40 km, fonctionnant de manière synchrone avec HiRISE, a d’abord repéré ces petits cratères (diamètre entre 3,75 et 10 mètres) qui se forment fréquemment sur Mars, entre Utopia Planitia (là où s’est posé le Viking en 1976) et Arcadia Planitia. HiRISE, a observé avec une définition beaucoup plus élevée (de l’ordre de 30 cm) ces mêmes cratères et à répété ses observations sur la durée. Elle y a observé un matériau blanc brillant. Le spectromètre embarqué CRISM (Compact Reconnaissance Imaging Spectrometer for Mars), opérant en lumière visible et en infrarouge, a ensuite constaté, en relation avec ces images, la signature spectrale de la glace d’eau. La présence d’eau a été confirmée par l’évolution du signal et des images reçus (les tâches brillantes s'estompant), indiquant la sublimation de la glace d’eau ou son recouvrement progressif par la poussière martienne. Cratère de 6 mètres de diamètre et de 1,33 mètre de profondeur situé à 43.28°de latitude Nord et 164.22 de longitude Est. Photos prises à trois mois d'intervalle. Credit images : NASA/JPL Caltech/University of Arizona La teneur en vapeur d’eau de l’atmosphère (14 µ précipitables) nous dit que ces plaques ne devraient pas, à cette latitude, être stables à cette profondeur. Il faudrait normalement une teneur de 20 µ. Cette anomalie est peut-être due à une oscillation de l’axe de rotation de la planète, nettement plus importante que sur Terre puisqu’il n’y a pas dans le système martien de masse comparable à la Lune pour stabiliser le mouvement de l’astre principal. Il y a donc, aux latitudes moyennes de Mars, des plaques de glace d’eau facilement accessibles (quelques décimètres de profondeur). Cela confirme les perspectives extraordinaires de l’exploration de la planète. Il est par ailleurs ironique et désolant de constater qu’à l’endroit où s’est posé Viking en 1976, il y a très certainement de la glace d’eau à environ 25 cm de la surface du sol. Si Viking avait creusé dix centimètres de plus qu’il ne l’a fait, l’histoire de l’exploration de Mars aurait probablement été complètement différente ! Quoi qu’il en soit, l’observation de Mars prouve encore une fois, et à point nommé, que son exploration par l’homme serait beaucoup plus aisée et intéressante que celle de la Lune. On vient d'apprendre en effet qu’il y a de l’eau sur la Lune, mais en comparaison avec ce qu’on observe sur Mars, il s’agit de quantités infinitésimales, dont on voit mal comment elles pourraient être utilisées par un établissement humain et encore moins comment elles auraient pu influer de manière notable sur l’histoire géologique de l’astre. Sur les astres où il n’y a pratiquement jamais eu d’eau, aucune chance n’a été donnée à la vie. 26 septembre 09 Pierre Brisson