Météorite Y000593 La Météorite ALH84001 Perchlorates Archées www.sciencemag.org/content/340/6129/138.2shortMars Society Switzerland
La Vie
Il semble maintenant bien établi que la surface de Mars est recouverte de perchlorates, tout comme le désert d’Atacama où on les a recherchés (et trouvés !) après les résultats des expériences des sondes Viking. Cela n’est pas surprenant considérant la similitude des environnements. Ces perchlorates proviennent très probablement du rayonnement ultraviolet qui facilite l’oxydation des éléments chlorés contenus dans le sol, en l’absence d’eau (et donc dans les milieux arides). Sur Mars l’oxygène (l’oxydant !) provient des quelques molécules d’oxygène libre de l’atmosphère et des molécules de CO2. Le problème des perchlorates (anion ClO4-) c’est qu’ils sont extrêmement hydrophiles et corrosifs (l’« eau de javel » est du chlorate de sodium qui électrolysé donne de l’hydrogène et du perchlorate de sodium) et qu’ils décomposent facilement les éléments carbonés. Lorsqu’on chauffe des perchlorates avec des composés organiques, on obtient, outre de l’eau et du dioxyde de carbone, des chlorohydrocarbones (on a fait l’expérience en chauffant des perchlorates de magnésium du désert d’Atacama avec des composés organiques). Ce sont ces chlorohydrocarbones qui ont été identifiés sur Mars aussi bien par les Viking que par Phoenix après qu’ils eurent chauffé des échantillons de sol aux trois endroits très différents de la planète où ils se sont posés. Le premier examen d’échantillon de Curiosity par le laboratoire embarqué SAM indique encore une fois, après chauffage et expression des éléments gazeux de la roche, la libération simultanée, vers 400°C, de molécules de composés chlorés et d’oxygène, donc la présence de perchlorates. Il n’y a maintenant pas de doute, les perchlorates sont omniprésents à la surface de Mars. La prochaine étape est de comprendre pourquoi on n’y a pas encore trouvé de composés organiques. Sur Mars, comme sur Terre, la surface de la planète devrait en être couverte puisque les météorites qui la bombardent depuis la nuit des temps en sont riches, et qu’elles pourraient résulter d’un processus biologique comme celui que nous avons connu sur Terre. Comme on pense que c’est le fait de chauffer les échantillons qui déclenche la destruction des composés organiques par « excitation » des perchlorates, on a équipé le SMS (« Sample Manipulation System », par lequel passent tous les échantillons) du laboratoire SAM de Curiosity de quelques coupelles qui contiennent un liquide réactif qui doit permettre des analyses à froid (ou à faibles températures). Comme il n’y a que sept coupelles, la NASA et les responsables de SAM sont très prudents. Pour le moment ils réfléchissent à l’interprétation des données reçues par les signaux d’essais car ils ne sont pas suffisamment clairs. Il pourrait y avoir eu une fuite du liquide réactif et il pourrait également subsister certaines molécules terrestres dans l’appareil ou dans leurs tuyaux / sas d’approvisionnement. Il faut donc encore attendre mais les perspectives sont passionnantes car, comme il est à peu près certains que les perchlorates ont jusqu’à présent détruit les molécules organiques qui ont été chauffées en même temps qu’eux, nous devrions bientôt savoir, avec ces expériences « à froid » quelles sont ces molécules organiques qui étaient présentes et qui ont disparu. Comme on sait par ailleurs maintenant que des archées terrestres peuvent prospérer sur les perchlorates, on peut envisager la possibilité de trouver des indices de l’existence passée ou présente de « cousines » de ces toutes « petites bêtes » en surface de Mars! Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter l’article de Richard A. Kerr paru dans Science du 12 avril 2013 :
Des perchlorates partout !
PIA16817. Image Credit: NASA/JPL-Caltech/GSFC (March 12th 2013) Les données de ce graphe viennent de l'analyse par le laboratoire SAM des poussières de roche (mudstone) martienne résultant de son premier forage. L'oxygène libéré à près de 400°C est le témoin du perchlorate.
PIA16575. Image Credit: NASA/JPL-Caltech/GSFC (Dec. 3rd 2012). Les données de ce graphe viennent de l'analyse par le laboratoire SAM de poussières de régolite . La courbe de l'oxygène avec un maximum à près de 400°C témoigne de la présence de perchlorates.
Perchlorates Phoenix Biosphère potentielle Origine Martienne? Pas de Méthane