Le Sénat veut infléchir la politique d’exploration spatiale du Président Obama en imposant dès maintenant le développement du lanceur lourd.
Problématique du Vol Habité
Le contenu de la future politique spatiale américaine évolue lentement mais dans le bon sens, même si rien n’est encore joué. Le processus budgétaire 2011, engagé depuis le 2 février par le Président Obama vient de franchir une nouvelle étape, l’élaboration par la commission spécialisée de chacune des chambres, du texte de loi qui doit être soumis au vote de ces chambres. C’est la deuxième bonne nouvelle après la première qui venait du président Obama lui-même lorsque, le 15 avril, il a finit par nommer Mars comme objectif des efforts de la NASA. En effet, la Commission Sénatoriale des Sciences et des Transports (en charge de préparer l’examen du budget de la NASA) n’a pas suivi la recommandation du Président Obama de reporter à plus tard (2015) le développement d’un lanceur lourd mais propose de le commencer tout de suite. C’est très important car sans lanceur lourd capable de mettre en orbite basse terrestre une masse de 70 à 100 tonnes, il n’y a pas de vol habité au-delà de l’orbite basse terrestre possible. Par une lettre ouverte du 19 juillet, la Mars Society salue donc cette belle initiative de la Commission Sénatoriale qui répond d’ailleurs à son lobbying intense depuis des mois.
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Image d'ARES V, le lanceur lourd prévu par le défunt programme Constellation. On ne sait pas si le nouveau lanceur demandé par la Commission sénatoriale lui ressemblerait mais si on démarre son développement maintenant, il ne pourrait utiliser qu'une propulsion chimique et serait donc de ce type. Crédit NASA Marshall Space Flight Center
Ceci dit, dans la même lettre, Robert Zubrin accompagne ses félicitations d’une demande complémentaire portant sur les équipements nécessaires à cette exploration : Citation de Robert Zubrin : « … la capacité de lancement lourd, bien que nécessaire, est en soi insuffisante pour un programme d’exploration spatiale productif. Nous avons aussi besoin d’un ensemble cohérent d’équipements de vol à faire transporter par le HLV jusqu’à l’orbite basse terrestre. Le Président Obama a demandé que la NASA fasse d’une mission jusqu’à un astéroïde géocroiseur en 2025 son prochain objectif, comme étape vers une mission habitée sur Mars au milieu du siècle. Ces objectifs sont bons mais le calendrier est inutilement long et coûteux. « Une mission jusqu’à un astéroïde géocroiseur requiert quatre équipements de vols principaux : une capsule de retour dans l’atmosphère, un étage supérieur capable de lancer l’ensemble capsule / habitat sur une trajectoire de libération de l’attraction terrestre et un HLV pour monter le tout en orbite basse terrestre. D’après les clauses de la décision de la Commission sénatoriale, les travaux sur la capsule et le lanceur lourd seraient maintenant financés. L’étage supérieur devrait être aussi inclus dans le programme du HLV, tout comme le S-IVB était inclus dans le développement du Saturn V. Le développement du module d’habitat comprenant les systèmes de support vie, de production d’énergie et d’évolution dans l’Espace, devrait être financé aussitôt que possible. « Si l’on fait cela, il n’y a aucune raison pour que la NASA ne mène pas une mission habitée jusqu’à un satellite géocroiseur en 2016 plutôt qu’en 2025. De plus, avec le développement de deux systèmes de vol primaire (plus précisément un module de descente et d’atterrissage sur Mars et un véhicule de départ de Mars), la NASA posséderait le jeu complet d’équipements de vol primaire dont on a besoin pour envoyer une mission habitée sur Mars. En procédant de cette façon nous pourrions avoir nos premiers explorateurs sur Mars en 2020 plutôt qu’en 2040 ou 2050. « Puisque le programme de vols habités de la NASA coûte environ 10 milliards de dollars par an, qu’il aille quelque part ou qu’il aille nulle part, une telle accélération du calendrier de l’agence spatiale promet de faire économiser aux contribuables américains quelques 200 à 300 milliards. Il serait donc extrêmement dispendieux et, en fait, fiscalement irresponsable, d’étirer le temps de réalisation du programme le long d’un développement séquentiel, plutôt que parallèle, des équipements de vol nécessaires. » Fin de citation. On ne peut mieux dire ! Il faut mener de front, avec la même enveloppe budgétaire annuelle, le développement du lanceur lourd et des équipements nécessaires à son utilisation. Pierre Brisson
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