Compte rendu de la Session Martienne du 8th Swiss Geoscience Meeting Suite 2
Méthane 1 La Poussière Retour 2 Retour 1Le Dr Beda Hofmann (Institut des Sciences Géologiques de l’université de Berne), conseiller scientifique pour la préparation de l’instrument de prise d’images « CLUPI » pour « Close UP Imaging », a décrit l’instrument et les cibles qu’il devra rechercher. CLUPI est un appareil de « macrophotographie », qui prend des vues avec résolution de 15 microns par pixels (usage entre le microscope et la camera panoramique). On a déjà utilisé ces appareils (rovers MER et Phoenix, sans compter Beagle2) mais celui-ci prendra des images en couleurs. Fabriqué sous la direction du Space Exploration Institute (Neuchâtel), il équipera le rover d’ExoMars (mission ESA dont le lancement est prévu pour 2018). Beda Hofmann teste actuellement l’instrument pour mieux identifier les informations que l’on pourra en obtenir. Le but principal de la mission sera de rechercher des traces de vie (passée ou présente). CLUPI sera essentiel pour permettre d’interpréter les surfaces du sol et des rochers. Le rover sera aussi équipé d’un foret et CLUPI examinera les carottes prélevées. Les premiers objets d’étude exobiologique à l’observation desquels le Dr Hofmann cherche à préparer CLUPI, sont d’éventuels stromatolithes et tissus de filaments microbiens. Etant les formes de vie « organisée » les plus anciennes sur Terre, il espère qu’on en trouvera sur Mars. Afin de les différencier des autres roches, il s’efforce d’identifier les critères biogéniques de ces formations.
Mars Society Switzerland
Géologie & Atmosphère
Pour éclairer les perspectives ouvertes à la Recherche par les instruments en préparation, Jean-Luc Josset , président du Space Exploration Institute (à Neuchâtel), a donné en fin de session une présentation générale d’ExoMars, de ses buts et de ses instruments (qu’il connait bien du fait de son implication dans CLUPI). Il rappelle qu’ExoMars fera l’objet de deux lancements, l’un en 2016 avec un orbiteur qui doit analyser les gaz rares dans l’atmosphère et un atterrisseur qui doit tester la capacité des européens à descendre un engin sur Mars (rappelons que l’Europe n’a pas encore réussi cette opération…souvenons nous de Beagle 2 !). La seconde mission partira en 2018 (et arrivera donc en 2019). En plus de Pasteur, elle emportera un rover de la NASA. Les deux seront déposés sur le sol martien par une « grue céleste » (« sky crane ») de la NASA. Les buts scientifiques (à effectuer dans le cadre d’une mission de 180 jours) seront : -de chercher des signes de vie présente ou passée ; -d’étudier l’environnement aqueux et géochimique en fonction de la profondeur (sous-sol immédiat) ; -d’étudier les traces de gaz rares dans l’atmosphère et leurs sources. Les recherches en géologie et en exobiologie seront menées avec les instruments embarqués au nombre de neuf (composant la charge utile du rover, « Pasteur »). Quatre de ces instruments doivent effectuer des observations préliminaires : PanCam (camera à grand angle, à haute résolution et vision 3D); CLUPI (Close UP Imager); Ma_Miss (Mars Multispectral Imager for Sub-surface Science; WISDOM (Water Ice & Subsurface Deposit Observations on Mars, un radar polarimétrique pouvant pénétrer le sol).Il y aura ensuite six forages, jusqu’à une profondeur de 2 mètres. Les carottes de forage, une fois écrasées, seront photographiées par CLUPI, puis étudiées par les instruments situés à l’intérieur du rover : MIRU (Micromega InfraRed Unit for hyperspectral imagination); RAMAN IOH (Spectromètre Rahman); MARS-XRD (difractomètre à rayons X); MOMA (Mars Organic Molecule Analyser, un chromatographe pour les gaz et un spectromètre de masse) et LMC (Life Marker Chip). Ce seront les premières études du sous-sol immédiat de Mars.
Le nouvel ensemble de missions ExoMars en coopération NASA ESA. (Crédit image: NASA/ESA)
On a abordé succinctement l’exploration par vols habités, dans l’introduction de la session et dans la dernière présentation qui consistait en une projection de deux extraits du film de Richard Dindo, The Marsdreamers. Le sujet est délicat car, parmi les partisans de l’exploration de Mars, il y a désaccord sur la nécessité d’investir dans ce mode d’exploration. Les opposants mettent en avant les ressources rares diverties des programmes purement robotiques et les risques de pollution de Mars. Les membres de la Mars Society connaissent bien ces objections et y apportent leurs réponses (exploration plus efficace, environnement stérile probable en surface de Mars, attrait et perspectives de l’aventure humaine). Ce qu’il faut surtout dans cette première phase d’exploration où les dangers d’abandon sont grands (on l’a vu clairement dans l’absence de mission entre 1976 et 1996 et ensuite dans les délais supplémentaires imposés à différents programmes comme ExoMars ou encore dans les coupes faites aux différents budgets), c’est que tous ceux qui reconnaissent l’intérêt de l’exploration martienne unissent leurs efforts. Que ceux qui veulent promouvoir les vols habités le fassent, nous le faisons, mais il faut surtout se préoccuper de faire avancer notre cause commune en soulignant l’intérêt de la recherche martienne et en l’encourageant. Montrer les avantages que donnerait sur place la présence des hommes, possible dès demain avec Mars Direct, ne doit évidemment pas conduire à un affrontement préjudiciable à tous. Pierre Brisson
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